Perspectives du marché
En date de mars 2006
Notre optimisme à l’égard des marchés
est fondé depuis 2002 sur la perspective d’une croissance
durable, accompagnée d’une inflation modérée. À mesure
que l’on avance dans le cycle conjoncturel, cet équilibre
est de plus en plus précaire.
Nous n’avons certes pas connu de récession depuis quatre ans et il nous faut suivre de près
l’équilibre entre croissance et inflation, mais nos prévisions restent malgré tout inébranlables.
Les dernières statistiques confirment en effet le remarquable équilibre de la croissance
économique nord-américaine et témoignent de l’affaiblissement d’un certain nombre de risques importants.
Déjà favorisés par la longévité du cycle conjoncturel actuel, les rendements des placements
devraient en outre continuer à bénéficier de la modicité des taux d’intérêt, des niveaux de valorisation
avantageux des marchés boursiers et de la bonne tenue des résultats des entreprises.
Les risques diminuent…
La forte hausse des prix de l’immobilier et l’augmentation
des coûts de l’énergie constituent une menace
croissante pour l’équilibre de l’économie.
Même si la situation n’est pas critique, le récent
ralentissement observé dans ces deux secteurs est une bonne
nouvelle.
De la même façon, les difficultés de l’Europe
et les années de stagnation traversées par le Japon
obscurcissaient les perspectives de croissance dans le présent
cycle. Heureusement, l’Allemagne, première économie
de l’Union européenne, semble désormais sur
la voie du redressement et le Japon paraît avoir retrouvé le
chemin d’une croissance économique durable.
… l’inflation est modérée…
L’inflation reste le principal risque pesant sur le cycle
conjoncturel mais, dans ce cas-ci également, il semble ne
plus y avoir réellement de danger à court terme ; à long
terme, les risques sont bien limités.
… et la croissance économique est bien équilibrée
L’économie nord-américaine a trouvé sa
zone de confort : une croissance de l’ordre de 3 % à 3,5
% conjuguée à une inflation de 2 % à 2,5 %.
En Europe, la croissance est bloquée sous les 2,5 %, l’inflation
reste maîtrisée et le risque de récession paraît
lointain. Pour sa part, le Japon devrait voir sa croissance monter
jusqu’à 2 % et en finir avec la déflation en 2006.
Les taux d’intérêt à court terme flirtent avec la « neutralité »…
Le cycle de resserrement monétaire amorcé au milieu
de 2004 touche à sa fin aux États-Unis ; les taux
d’intérêt à court terme de la Réserve
fédérale sont remontés à des niveaux
convenables, sans pour autant compromettre le cycle conjoncturel.
Au Canada, les taux devraient à présent suivre le
mouvement en cours aux Etats-Unis. La Banque centrale européenne
vient d’amorcer son propre cycle de relèvement de
taux, mais les hausses devront se faire à un rythme tenant
compte de la croissance encore anémique de la région
et du fait que l’inflation est maîtrisée. Le
Japon ne procédera probablement à aucune hausse de
taux avant la fin de 2006.
… et pourraient accroître les rendements en 2006
La dernière hausse du taux des fonds fédéraux
pourrait marquer une étape importante pour les marchés
de capitaux en 2006. L’histoire montre en effet que les marchés
boursiers et obligataires ont tendance à repartir fermement
de l’avant lorsqu’il est établi que les taux
d’intérêt à court terme ont cessé de monter.
Les obligations à long terme restent chères…
Nos modèles d’évaluation montrent que les obligations à long terme restent risquées sur tous les
grands marchés. Cela dit, après une correction marquée des cours, il y a des occasions à saisir.
Nous pensons qu’il est encore trop tôt pour renouer avec la pondération de « référence »
des titres à revenu fixe, mais nous ne tarderons probablement pas à agir dans ce sens.
… et les actions restent solides
Les marchés boursiers affichent toujours un potentiel de rendement au moins égal à la moyenne.
Sauf au Canada, où le marché est porté par la hausse des prix des matières premières, l’explosion
des échanges commerciaux et la vigueur de l’économie, les indices mondiaux ne dépassent pas leur juste valeur.
Une croissance économique vigoureuse associée à une inflation modeste, des ratios d’évaluation boursiers
avantageux et des bénéfices en hausse sont les ingrédients essentiels des longs marchés haussiers.
Comme ces conditions sont présentement réunies, nous recommandons encore
de privilégier les actions aux dépens des obligations.
Cela fait donc neuf trimestres que nous recommandons d’allouer aux actions une pondération supérieure à la moyenne.
Même si le marché haussier arrive à maturité, le bon équilibre entre croissance et inflation ainsi
que la récente diminution des risques pesant sur cet équilibre nous incitent à l’optimisme, au même
titre que les niveaux de valorisation des marchés boursiers et les perspectives de bénéfices des entreprises.
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